Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 12:37

Premier concert depuis des siècles

 

alors Raven prépare la vodkacoca et affûte ses griffes mentales

 

oubliant provisoirement que ce rôle-ci concernait sa précédente décennie et que désormais la Goth pogoteuse a cédé la place à la Parisienne émaciée

 

chaussant ses Docs, seul vestige, ultime mise en facteur commun des deux avatars, la pensée lui vient l'espace d'un instant que c'était peut-être plus drôle, avant

Par Lena - Publié dans : Bla bla
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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 13:58

[Variante, un peu moins poétique : "A cinquante kilos, je te quitte"]

 

Fini, l'écriture, je n'ai pas le temps - ou peut-être que je n'ai plus rien à écrire, qui sait. Cette année, je ne fais que lire, et encore pas par plaisir, je me gave de mots, je m'en rengorge, je m'en enivre, et naturellement qu'il y a un plaisir à cela, un plaisir uniquement accessible à certaines folles comme moi, celui de l'excès, de l'abus, encore et toujours, du vertige de virevolter dans le Quartier Latin en songeant à des hypallages, des hendiadys et des hypotyposes, une vraie poésie si on tient à le prendre comme tel. Le problème est toujours le même et c'est justement cela, à force de vouloir évoluer dans l'espace éthéré de la Pureté des Mots, j'en oublie qu'il y a autre chose - en même temps, c'est ce que j'ai toujours eu envie d'oublier - et à force de vouloir toucher au sublime, je suis en train de pourrir sur pieds. Le problème est toujours le même, retomber sur terre, et se souvenir que, sous les nuages, et la course effrénée de mes petites papattes ridicules en stylo noir, il y a des gens, il y a une relation, une meilleure amie et même une mère, et qu'à un moment donné il faut faire un choix, toujours, et que ce n'est même pas un véritable choix - on ne peut pas rêver sa vie toute sa vie, ou alors, ça vire au cauchemar, et je n'en suis pas loin. Mais putain ce que c'est dur, tout de même, et malgré les mauvaises nuits, la mauvaise haleine, et les chaises qui sont si dures, de renoncer à ce vertige, à cette absurde illusion d'absolu.

Par Lena - Publié dans : Bla bla
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Mercredi 21 septembre 2011 3 21 /09 /Sep /2011 08:00

"Et dès le lendemain, elle commença sa vie dissipée et tourbillonnante, visites, emplettes, dîners, spectacles, soirées, se couchant à trois et à quatre heures du matin, se levant à midi, une vie de femme du monde, c'est-à-dire de folle"  - Comtesse de Ségur

 

S'il est une chose - entre autres - sur laquelle nous nous rejoignons, le Yapoc et moi, c'est de considérer la vie comme un bal masqué, dans lequel tout ce qui importe est le choix du déguisement en fonction de la circonstance.

Il fut un temps où je me faisais passer pour une gothique blafarde, toute de noir et de chaînes vêtue, à l'air renfrogné et au caractère coupant comme une lame de rasoir ; mais le masque a pris l'eau, il faut croire, c'est fragile le papier mâché, ou alors il ne m'a plus satisfaite, ou alors j'ai passé l'âge, tout simplement : en tout cas, désormais, je prétends être une fille sportive et saine et bronzée. Cela revient exactement au même au bout du compte, undercover comme ils disent dans les séries américaines. J'arpente les rues de Paris au pas martial en faisant semblant de n'être pas moi - mais  comme au final, moi ne veut plus dire grand-chose, disons que je m'amuse beaucoup à me prendre pour un genre de guerrier solitaire, sans peur et sans remords.

Enfin de moins en moins solitaire. Cette dernière semaine, j'ai renoué provisoirement avec ma précédente couverture, pour les besoins du cadre social : on m'a proposé une soirée gothique, un groupe nominal qui aurait fait battre mon petit coeur dix ans auparavant et qui, il faut bien l'avouer malgré le ridicule, m'a fait sautiller de joie encore aujourd'hui. Evidemment j'ai eu peur, évidemment j'ai dit non, évidemment je me suis fait prier, et évidemment j'y suis allée, enfilant une robe-don de ma grand-mère maternelle, parce que c'est punk et que si elle avait su ce que j'ai fait dedans, dansant et dansant et dansant dans une cave sur d'horribles rythmes électro toute la nuit, tendant de temps en temps le bras vers le verre d'alcool et energy drink sur le banc à côté, une grande révélation, déclarant mon amour au monde entier, fumant des cigarettes au fumoir, heureusement que la jeune fille à l'allure de faon a la bonté de m'allumer la mienne, étant donné la distorsion de mon sens des perspectives, discutant avec des gens que je n'ai jamais rencontré de toute ma vie, plaisantant avec le videur. Sortant des toilettes, je me trouve face à une espèce d'araignée à deux bras deux jambes, les épaules saillant et le décolleté baillant ridiculement, m'approche et vois le miroir - curieux instant de lucidité dans l'ivresse. Et puis je retourne sur la piste de danse, encore et encore. Les stroboscopes flashent, je marche sur des nuages, petit tour autour de la barre réservée aux chaudasses, j'embrasse les douces lèvres du Faon avant de rejoindre les autres. Dans les bras du Yapoc (les pièges de l'existence, vous rencontrez quelqu'un dans un pogo punk par une soirée d'avril, et deux ans et demi plus tard, vous passez toujours la moitié de votre vie ensemble) je remue en oubliant corps et âme, lui intime l'ordre de me mordre, plus fort, mais plus fort bon sang je ne sens rien, demain j'aurai une cicatrice, mais ce n'est pas grave, pour l'instant, ici et maintenant, comme dit le Métalleux qui est là aussi, avec son amie gracile et faussement effarouchée comme un Faon malhabile sur ses longues papattes, il n'y a pas grand-chose qui peut m'emmerder, là, ici et maintenant.

 

Sinon, le reste du temps, je fais du latin. C'est que je passe l'AGREG, et pour de bon, cette fois, sauf catastrophe entre-temps - je passe l'AGREG et, pour la première fois de ma vie, là encore, je travaille. Ca semble à des années-lumière du précédent paragraphe, cette étudiante au dos courbé sur ses manuels en bibliothèque universitaire, mais au fond, ce n'est pas si différent : on peut se soûler de course à pied comme de musique décérébrée comme de mots en rafale tournoyant sous le crâne jusqu'à le remplir totalement. Du moment que cela ne laisse pas de place.

Par Lena - Publié dans : Bla bla
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Dimanche 31 juillet 2011 7 31 /07 /Juil /2011 12:40

... tu peux y aller, m'a-t-on dit, et je me suis élancée à travers champs, ou plutôt le cheval s'est élancé et je l'ai suivi - mais ce n'est pas exactement ça non plus : nous nous sommes élancés à l'unisson, lui avalant l'espace à grandes enjambées galopantes, moi à mi-chemin entre bien calée et brinqueballée sur son dos large, et surtout, ravie. C'était un petit pie, la même couleur que Geronimo, mais Picasso celui-là - il n'y a qu'à le voir pour comprendre, mais j'adore les chevaux de cette couleur, les chevaux d'Indiens - il paraît d'ailleurs que les mômes jouent aux cow-boys et aux Indiens, mais nous ne faisions que les Indiens - souple, vif et obéissant, et en fonçant d'un bout à l'autre du champ, l'odeur de l'herbe dans les narines et la poussière dans les yeux, ivre de soleil et de vitesse et d'amplitude, j'ai songé qu'heureusement qu'il y avait ça, que c'était ce qu'il y avait de meilleur, que c'était même tout ce qu'il y avait, rien que ça, galoper à cheval, rien que ça au monde. Je ne voulais pas redescendre.

 

Chevaux broutant

 

[ah, puis, pour la plaisanterie : le local à cheval cité précédemment, mon icône, mon idéal, l'anti-intellectuel souffreteux par excellence, celui qui n'a pas peur de la chute, au sens littéral et métaphorique, celui qui ne craint rien devant la vie, celui que j'aimerai être plus que tout : celui-là même a passé la chevauchée à se bouffer les ongles, à cheval, recroquevillé sur sa selle, inconscient de tout et de tout le monde, concentré seulement à ronger et ronger et ronger encore, le même geste que moi, exactement. On m'y reprendra à avoir des modèles]

Par Lena - Publié dans : Bla bla
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Mardi 21 juin 2011 2 21 /06 /Juin /2011 13:58

Etrange impression d'avoir si longtemps bataillé pour obtenir une invitation à une fête considérée comme ce qui se fait de mieux dans le monde (nécessairement, puisque tout le monde y va) et, une fois enfin le ticket en main et les portes franchies, de constater qu'au fond, ce n'est pas terrible.

Par Lena - Publié dans : Bla bla
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